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3 mars 2011 4 03 /03 /mars /2011 00:36

Radeau de la Méduse

 

RadeauDeLaMeduse

Le Radeau de la Méduse peinture deThéodore Géricault (1819 Musée du Louvre) qui relate un épisode de l'événement.

La Méduse est une frégate française qui a fait naufrage le 2 juillet 1816 sur le banc d'Arguin, au large des côtes de la Mauritanie, faisant 160 morts, dont 137 périrent abandonnés sur un radeau. Sur les 15 survivants de celui-ci, récupérés après 13 jours, 5 sont morts avant leur transfert à Saint Louis du Sénégal.


Le naufrage de la Méduse

En 1816, la France récupère ses comptoirs au Sénégal qui lui avaient été pris par les Britanniques au cours des guerres de l'Empire. Le 17 juin 1816, une division de bateaux sous la direction du commandant de la Méduse, le capitaine de frégate Hugues Duroy de Chaumareys, quitte l’île d’Aix (Charente-Maritime) pour rallier Saint-Louis du Sénégal que les Anglais viennent de restituer à la France après le Traité de Paris de 1814. Cette expédition est composée de la frégate La Méduse (construite à Nantes dans les chantiers navals Crucy frères suite à une commande de l'administration napoléonienne), la corvette l’Écho, le brick l’Argus et la flûte La Loire. Cette division est envoyée là-bas pour acheminer les colons, fonctionnaires, militaires et scientifiques attendus sur place. Notamment, les navires transportaient le Colonel Schmaltz, nouveau gouverneur du Sénégal, et sa femme, ainsi que le commis de première classe et futur explorateur Gaspard Théodore Mollien. René Caillie, qui allait être le premier occidental à revenir (vivant) de la ville de Tombouctou, prit place à bord de "La Loire". De grandes quantités de matériel sont aussi embarquées.

Le commandant de la frégate est un noble royaliste qui n'a quasiment pas navigué depuis l'époque de l'Ancien Régime. Il commence la traversée en distançant les autres navires, plus lents que le sien, et se retrouve ainsi isolé. N'écoutant pas les avis de ses officiers, il accorde toute confiance à un passager prétendant avoir déjà parcouru les parages, un dénommé Richefort. Il se trompe dans son estimation et situe le navire bien plus loin du redoutablebanc d'Arguin qu'il ne l'est en réalité. Au lieu de le contourner en passant au large comme l'indiquent ses instructions, il rase les hauts-fonds, jusqu'à ce que l'inévitable se produise le 2 juillet.

 

  La frégate s'échoue sur un banc de sable au  (19°54N 19°24W) . Plusieurs tentatives de renflouement échouent elles aussi… L'équipage construit un radeau de 20 mètres par 7, composé de pièces de bois, destiné à déposer du matériel pour alléger le bateau. Après quelques jours, souffle une violente tempête qui secoue la frégate et provoque plusieurs voies d'eau. L'état-major du navire craint que le navire ne finisse par se désagréger. L'évacuation est décidée.

 

La pagaille est indescriptible. Plusieurs marins sont ivres morts en permanence. Les officiers tentent de garder le contrôle de la situation, mais le commandant et les passagers de marque n'auraient pas brillé par leur exemple ce jour-là. C'est le 4 juillet, les chaloupes sont mises à l'eau et sur le radeau s'entassent 152 marins et soldats avec quelques officiers, une femme est parmi eux. Il est prévu, au départ, que le radeau soit remorqué à terre par les chaloupes et tout le monde doit atteindre le Sénégal en longeant le littoral saharien. Dix-sept hommes restent sur l'épave de la La Méduse espérant, sans doute, être secourus plus tard ; trois d'entre eux seulement ont été retrouvés en vie, le 4 septembre suivant.

Mais très vite, les chaloupes larguent les amarres les rattachant à la masse considérable du radeau qui part à la dérive. Les chaloupes l'abandonnent et s'éloignent. Certaines vont gagner la terre, les hommes tentant leur chance dans le désert, accablés par la soif, la marche et l’hostilité des Bédouins. Ils arrivent enfin après 15 jours d'errance et plusieurs morts. D'autres chaloupes restent en mer et atteignent Saint-Louis en quelques jours. Dans ces dernières se trouvent le commandant Chaumareys et le colonel Schmaltz.

Suite au naufrage, les marins et soldats du radeau essaient de gagner les côtes mais dérivent. L'équipée qui dura 13 jours fit de nombreuses victimes, et donna lieu à des noyades, mutineries, ainsi qu'à des faits de cannibalisme en raison du manque de vivres comme d'eau potable. Les rescapés (15 hommes sur les 152 personnes embarquées sur le radeau) seront récupérés le 17 juillet par un des quatre navires du convoi, l’Argus qui ramènera vivants 10 d'entre eux à Saint-Louis.


Retentissement

L'incompétence des officiers et les récits autour du radeau provoquèrent une certaine émotion dans l'opinion lorsque deux hommes de l'équipage, le chirurgien Savigny  et l’ingénieur géographe Alexandre Corréard,

 (Ascendant direct de Roger REYNAUD, fils de MARTIN Andrée, petit fils de Clotilde GERMAIN et arrière petit fils de Marie Victorine ARNAUD d’Aspremont > la grand-mère d’Alexandre est native d’Aspremont)


les rapportent dans un livre. Suite à ce témoignage, un procès eut lieu en 1817, sous la Restauration, et Chaumareys fut reconnu responsable ; lui furent notamment reprochées son incompétence et sa lâcheté. Mais la peine de mort prononcée contre lui fut commuée en trois ans de prison.

Plus largement, le scandale et l'indignation qui suivirent le drame étaient aussi dirigés contre une marine archaïque aux mains des royalistes, qui avaient choisi d'ignorer les apports de l'Empire dans le domaine maritime.


L'histoire de la Méduse a inspiré le tableau de Théodore Géricault, ''Le Radeau de la Méduse'' , toile de 1819 . L'épisode du naufrage retenu par le peintre se situe peu avant le sauvetage, quand le navire l'Argus est à l'horizon. La réalisation du tableau deux ans seulement après le procès, et son réalisme reconstituant minutieusement un fait encore d'actualité, furent perçus comme une provocation.

Le Chancellor , roman de Jules Verne paru en 1875 dans la série des Voyages Extraordinaires , s'appuie en partie sur les événements survenus lors du naufrage de la Méduse.

Le Radeau de la Méduse, film français de 1998 avec Jean Yanne et Claude Jade, inspiré de l'histoire des naufragés de la Méduse et de la création du tableau de Géricault.

Océan mer (1993), roman d'Alessandro Baricco librement inspiré de l'histoire de la Méduse.

Radeau de la méduse (historique).

Frégate la méduse (maquette).

L'Histoire du Naufrage sur le site du Parc National Banc d'Arguin


Bibliographie


Le témoignage de quatre survivants :

1ère Relation (1817) Alexandre Corréard (Ingénieur-géographe), Jean-Baptiste Henri Savigny (Chirurgien en second à bord de la frégate La Méduse),

2ème Relation (1818) Monsieur D'Anglas de Pradel (Lieutenant au bataillon du Sénégal, ex-Garde du corps du Roi), Notes destinées à la rédaction de la

3ème Relation (paru la première fois en 1946) Paul Charles Léonard Alexandre Rang Des Adrets dit Sander Rang (Enseigne de Vaisseau à bord de la frégate La Méduse), Jugement de Monsieur Hugues Duroy de Chaumareys (Capitaine de la frégate La Méduse) par le greffier Belenfant et l'Ode sur le naufrage de la frégate La Méduse par L. Brault. Naufrage de la frégate La Méduse, 1817.

Réédition : Relation Complète du NAUFRAGE DE LA FREGATE LA MEDUSE faisant partie de l'expédition du Sénégal en 1816, à Paris, chez Jean de Bonnot, 1968.


Érik Emptaz, La Malédiction de la Méduse, Grasset, 2005. Prix Encre marine, 2005.

Claude Cosneau, Mathurin Crucy, 1749-1826, architecte nantais néoclassique, catalogue de l'exposition, Musée Dobrée, Nantes, 1986.

Michel Hanniet, Le Naufrage de La Méduse, paroles de rescapés, Éditions Ancre de marine, 2006.

Cet ouvrage de 495 pages constitue le récit le plus complet jamais publié. Il contient de nombreux inédits et corrige les inexactitudes et les préjugés racistes contenus dans la trop célèbre relation « arrangée » par Corréard. La bibliographie du travail de recherche effectué par Michel Hanniet recense 182 titres d'écrits et d'œuvres diverses suscitées ayant le naufrage de La Méduse pour sujet ou source d'inspiration.

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